ASSOCIATION FAMILIALE DU GRAND AIR

3, rue des Grainetiers BP 9
76290 Montivilliers

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Charte

1 -  HISTORIQUE

L’Association Familiale du Grand Air, Association laïque d’Education Populaire, est juridiquement une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Créée le 5 juillet 1949, sa première manifestation, en même temps que sa raison d’être, fut l’ouverture d’une colonie de vacances à Pierrefiques (Seine-Maritime).

 

Dans le contexte si particulier de l’après-guerre, l’organisation de vacances collectives d’enfants répondait à un souci essentiellement sanitaire : il s’agissait d’offrir un séjour à la campagne aux jeunes montivillons.

 

Les débuts furent épiques. Les sept membres fondateurs, les « pionniers », à qui il convient de rendre hommage, s’appuyant sur de nombreuses bonnes volontés, réalisèrent un travail considérable, tout à la fois défrichant, aménageant et administrant.

 

Après une longue phase de transition, peu à peu, au cours des années, apparurent des innovations tant pédagogiques (petit déjeuner échelonné, mixité des séjours, appel à la participation des enfants, par exemple) que matérielles (construction de nouveaux bâtiments, rénovation, amélioration et entretien des locaux).

 

En 1971, quelques animateurs montivillons, constatant le besoin d’activités éducatives de loisirs des enfants de la ville et le peu de réponses apportées alors en ce domaine, créèrent le centre « Animation-Loisirs », Accueil de Loisirs Sans Hébergement fonctionnant le samedi après-midi dans deux salles vétustes de l’ancienne école des filles, rue Michel à Montivilliers.


 

Après des débuts difficiles, un premier déménagement à l’ancien lycée de Montivilliers, la croissance fut rapide. En 1978, le centre étendait son activité et prenait pour la première fois en charge l’animation de petites vacances en février.

 

Parallèlement, naissait la Compagnie du Moustier, troisième branche d’activités de l’Association. Compagnie de théâtre pour enfants, elle produisit son premier spectacle le 23 octobre 1977.

 

Avec la création d’un premier poste salarié d’animateur, le 1er janvier 1980, le domaine d’activités de l’Association s’élargit sensiblement. Le Centre « Animation-Loisirs » fonctionne désormais les mercredis, en soirées et durant toutes les vacances scolaires dans les locaux de la place Aristide Briand à Montivilliers, devenus siège social de l’Association.

 

L’Association développe et diversifie ses activités : camps d’adolescents en été (1980), centre de vacances d’hiver à la montagne (1981), centre à dominante équitation, mini camps, etc…

 

Un Accueil de Loisirs Péri-scolaire, associé à l’école Victor Hugo a également été ouvert en 1993.

 

Par ailleurs, l’Association multiplie les initiatives en matière d’animation locale et cantonale (sorties, spectacles, fêtes, foires, animations, etc…).

 

Depuis 1991, le Centre d’accueil de Pierrefiques s’ouvre, hors vacances scolaires, aux groupes constitués.

 

Ces différentes initiatives s’accompagnent d’un développement de l’équipe permanente et du nombre de personnes volontaires et bénévoles qui participent à la vie de l’Association.

 

 

2- PRINCIPES FONDAMENTAUX

 

LA PERSONNE

 

 La personne est un être original qui ne peut être identifié à aucune autre personne. Elle est en construction permanente, jamais achevée. Cette construction n’est pas linéaire. Elle est entrecoupée de paliers.

 

La personne est capable d’autonomie et de responsabilité.

 

Cette conception de la personne ne saurait être confondue ou assimilée à une notion d’individu, par définition être anonyme et interchangeable, notion à laquelle elle est, par ailleurs, supérieure. Elle est aux antipodes d’un quelconque individualisme.

 

Le respect de la personne, ainsi définie, fonde les actions de l’Association.

 

L'ENFANT, L'ADOLESCENT


L’enfant, l’adolescent est aussi une personne à part entière.

 

L’enfance et l’adolescence sont des phases capitales de la construction de la personne, caractérisées par la progression vers l’autonomie. Cette construction se fait avec et sans l’adulte, au travers de questionnements, d’échanges, de découvertes et d’acquisitions. L’enfant, l’adolescent, doit pouvoir, dans sa marche vers l’autonomie, se confronter à des situations riches, variées et ouvertes.

 

La fragilité de la personne dans ces périodes de l’enfance et de l’adolescence rend indispensable un milieu de vie sécurisant sur les plans affectif et physique. A cet égard, le rôle de la communauté familiale est essentiel et irremplaçable.

 

LE CADRE

(personne assurant une fonction d’encadrement et de responsabilité).

 

Même adulte, le cadre de l’Association est lui aussi une personne, dont la construction ne saurait être considérée comme achevée.

 

Il est en situation de responsabilité auprès d’enfants et de jeunes. Cette situation lui impose d’avoir conscience de son statut de référence et de l’importance de la valeur de l’exemple donné en matière d’éducation. Elle lui impose en outre de s’interroger souvent sur son action. Il y a, pour lui, obligation de formation permanente.

 

Il exerce cette responsabilité au sein de l’Association à laquelle il a, librement et en connaissance de cause, choisi d’adhérer et dont il est, dès lors, un membre actif.

 

Il représente, donc engage, l’Association sur le terrain où s’exerce sa responsabilité et doit par conséquent agir en référence aux finalités de celle-ci.

 

Collaborateur plus qu’exécutant, ayant droit d’expression et force de proposition, tel l’Association entend le considérer quel que soit le niveau de sa responsabilité.

 

 

LA COMMUNAUTÉ

 

La communauté est aussi une personne, un être et non une somme d’individus. Elle ne saurait se réduire à une simple cohabitation, même agréable, une juxtaposition d’individus et d’égoïsmes particuliers ou de clans.

 

Parce que la liberté d’une personne n’est pas seulement en elle mais dans la liberté et la progression de tous, parce que la personne est communication, la communauté se doit de rassembler, en respectant leurs différences, des personnes ayant des buts recherchés et fixés en commun, qui les dépassent et les amènent à se dépasser. Elle doit être un lieu de relations et d’acquisitions.

 

La communauté n’existe et ne peut fonctionner harmonieusement que si elle s’est dotée de règles de vie explicables, expliquées, durables et communes. Les responsables qu’elle s’est choisie sont les garants du respect de ces règles de vie.

 

La définition de ces règles de vie, le fonctionnement des instances qu’elle s’est choisie, doivent s’opérer selon les principes d’une authentique démocratie.

 

Communauté éducative, l’Association respecte et promeut la responsabilité éducative primordiale de la famille, communauté dont la place est unique.

 

LA PARTICIPATION

 

La participation est le lien, la charnière entre la personne et la communauté.

 

Fondée sur l’idée que l’on s’enrichit des différences, la participation est tout à la fois promotion de la personne et de la communauté en favorisant l’expression, l’élaboration et la réalisation d’un projet.

 

Notre conception de la participation est essentiellement dynamique, constructive, et va dans le sens d’une transcendance de la personne.

 

La participation suppose l’information préalable.

 

La participation suppose l’effort. Elle exige que chacun soit, en toutes circonstances, non un simple consommateur ou distributeur de loisirs mais un authentique membre actif.


La participation suppose que l’acte soit lié à la pensée. Ni activisme, ni pure spéculation intellectuelle désengagée du réel, elle s’efforce d’unir, dans un va-et-vient permanent, réflexion, action, évaluation de l’action, contemplation.

 

La participation suppose que chacun revendique tout ce qui fait la vie de la communauté et accepte d’être compromis par toutes ses entreprises, succès ou échecs, joies ou peines, présent et avenir, sans préjudice de la liberté d’opinion.

 

La participation est tout le contraire d’une attitude figée, dogmatique, conservatrice ; elle est la vie même, elle est mouvement. Elle est ouverture. Vécue dans le champ de l’Animation, elle doit permettre l’innovation.

 

La forme que revêt, dans les faits, la participation peuvent varier. Cependant, il ne peut y avoir de participation authentique que s’il y a conscience de participation de la part des personnes impliquées.

 

L’éducation à la participation est nécessaire. Elle doit tenir compte des stades de construction des personnes.

 

Notre conception de la communauté ouverte de personnes ayant la participation ainsi définie pour moteur, nous amène à rejeter tout à la fois :

 

- un collectivisme qui sacrifie la personne à l’existence de la société,

 

- un individualisme libéral qui, sous couvert de la liberté des individus, laisserait s’instaurer la loi du plus fort ou du plus riche.

 

Notre conception est essentiellement et fondamentalement humaniste.

 

3- L’ASSOCIATION

 

L’Association se veut un lieu d’initiatives socio-éducatives au service des personnes et promeut, dans le sens défini ci-dessus, des animations ouvertes à tous sans aucune discrimination de quelque nature que ce soit, politique, sociale, raciale, philosophique ou religieuse.

 

L’Association s’inscrit dans une perspective pluraliste, respectueuse des initiatives et de la liberté des choix.

 

Elle croit, dans le domaine socio-éducatif comme en d’autres domaines, à la richesse de la vie associative et estime que ni l’Etat ni les collectivités locales ne peuvent et ne doivent être les fondements et les lieux uniques de ces actions. Selon elle, les associations vivantes témoignent que le tissu social est irrigué de l’intérieur et sont un outil de démocratie directe.

 

Jugeant dangereuse une animation totalement fonctionnarisée, elle estime que le bénévolat et le volontariat sont des valeurs à la fois pour la personne et pour l’action. Elle ne rejette pas, pour autant, l’apport nécessaire et complémentaire des professionnels.

 

Consciente de l’ambiguïté que peut représenter le bénévolat lorsqu’il masque un désengagement ou une fuite devant les responsabilités de tel ou tel pouvoir, politique, social ou économique, elle a à cœur de défendre la place du mouvement associatif dans la communauté nationale, d’en accepter les devoirs mais aussi d’en obtenir les moyens, notamment matériels et financiers, nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

 

Elle réaffirme ici sa vocation familiale et l’idéal humaniste qui l’inspire. 

 

 . Adopté par le Conseil d’Administration, le 16 janvier 1982.
. Dernière actualisation : le 14 février 2007.